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Le lait pourrait être coté en Bourse dès 2010

Les producteurs sont plutôt favorables à l'idée, au risque de la spéculation. Trois contrats à terme pourraient être proposés au premier semestre.

Le lait en Bourse ? Plus qu'une idée, cela pourrait devenir rapidement une réalité. En effet, l'opérateur boursier de la place de Paris, Nyse Euronext, travaille sur le lancement, au premier se mestre 2010, de trois contrats à terme adossés à trois types de produits laitiers les plus échangés: le beurre industriel, la poudre de lait et le lactosérum (petit-lait), utilisé dans l'alimentation du bétail, l'industrie alimentaire (dans le chocolat au lait) ou même l'industrie pharmaceu tique (laits infantiles). Une initiative provenant du ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, à la suite de la grève européenne du lait de septembre, et reprise depuis par Bruxelles pour donner aux producteurs laitiers des moyens de se prémunir contre les fortes variations des cours.

Mieux gérer la volatilité

«L'existence d'un marché à terme du lait ne résout pas le problème de la volatilité des cours mais permet de mieux la gérer, reconnaît Gautier Le Molgat, consultant chez Agritel. Le lancement de ce type de contrat est pertinent car il offre en général une visibilité des prix d'environ deux ans».

Mais attention, un certain nombre de conditions doivent être réunies pour que cela fonctionne. «Il faut limiter ce marché à l'échelle européenne, explique au Figaro Bruno Le Maire, qui s'est rendu aux États-Unis en octobre pour étudier la faisabilité de ce projet. Par ailleurs, la création d'un marché à terme est complémentaire d'autres outils de régulation comme le stockage privé ou public, ou les volumes indicatifs. En outre, il faut l'encadrer pour éviter la spéculation».

Les investisseurs se rueront-ils sur ce marché fortement concentré ? Faute d'échanges suffisants, comme par exemple sur le colza, certains contrats à terme ont tourné court sur le Nyse Euronext. Même à Chicago, première place mondiale des matières premières agricoles, les investisseurs ne se ruent pas sur le lait : avec des volumes peu fournis, il reste un marché essentiellement local. «Les attentes de cette mesure ne doivent pas être exagérées », prévient Bruno Le Maire.

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